LE DÉLUGE
histoire d’Angela Forge




angeliquefarge@gmail.com

instagram


expositions&prix

NOVEMBRE 2020

Galerie Extrapool, Nijmegen NL


AOÛT 2020

Gerrit Rietveld Academie, Graduation Show

AOÛT 2020

film diffusé au EYE Museum


JUILLET 2020

lauréate pour le prix du meilleur mémoire, Gerrit Rietveld Academie


SEPT 2019 - JANVIER 2020

BIMHUIS, Amsterdam NL


MARS 2019 - MAI 2019

École Normale Supérieure, Paris FR


JANVIER 2019

L’Escale, Paris FR


MARS 2019

Stedelijk Museum, Uncut


JUIN 2018

Gerrit Rietveld Academie, The Review


AVRIL 2017

Gerrit Rietveld Academie, VaV Film Festival


JUILLET 2015

lauréate, concours de poésie

Centre Georges Pompidou, Paris FR


JUNE 2012

gagnante du prix de poésie, Lycée de Sèvres








V.    Le présent

(courte parenthèse)




Regardons d’abord les définitions que l’on donne au présent dans les dictionnaires les plus courants, pour en comprendre les sens que l’on lui donne le plus communément.




Présent

nm



  1. Partie du temps qui correspond à l’expérience immédiate, durée opposable au passé et au futur.
  2. Ce dont il est actuellement question.




adjectif (être présent)



  1. Qui existe, se trouve quelque part.
  2. Qui se manifeste avec force, qui se fait reconnaître dans quelque chose.







Le présent est une notion complexe. En effet, le présent est dépendant du temps, et le temps est une dimension qui avance sans cesse, qui propulse immédiatement tout au passé. En effet, si l’on regarde une horloge, elle ne cesse de tourner machinalement, et donc de nous annoncer chaque seconde passée. Alors si l’on parle du présent, qu’entend-on par cela? Parlons-nous du présent d’une journée, d’une heure, d’une minute?

Au sein d’une journée par exemple, le présent de chaque heure s’est écoulé 24 fois. Ainsi que le présent d’une minute s’est écoulé 86400 fois et le présent d’une seconde 5184000 fois. Le présent serait donc une idée plutôt qu’un véritable temps. Il serait plutôt relié à une expérience qui a un début et une fin, et ce sont ce début et cette fin de l’expérience qui délimitent le présent.







Le personnage n’a pas de passé car il vit constamment dans l’invention. Cependant, celui qui voit le personnage s’incarner plusieurs fois - le public, donc, peut lui trouver un passé comme il peut lui trouver un futur: il se souvient de ce qu’il a fait ou dit lorsqu’il s’est incarné tel jour, et peut avec le temps lui reconnaître des traits de caractère, peut se faire une image de son essence en voyant comment il se représente ou s’est représenté. Il peut aussi savoir que le personnage s’incarnera une nouvelle fois tel jour dans le futur, et s’imaginer cette incarnation.

Le personnage en revanche, qui dépend de celui qui l’incarne, est au moment où il s’incarne mais par sa non-existence ne sait pas qu’il a été ni s’il sera dans le futur.

Alors, on peut dire que l’incarnation du personnage dans le monde réel- qui connait un passé et un futur, donne une notion du temps non pas au personnage mais seulement au public qui le voit et à la personne qui le fait s’incarner. Le personnage, lui, est seulement lorsqu’il s’incarne, est une expérience en soi. Comme j’ai défini le présent comme une expérience, j’entends donc que le personnage est constamment dans le présent: il est moment présent.










autoportraits
2018



« J’ai vu ceci comme un drame de théâtre,
mais qui se passerait uniquement dans l’esprit.
C’est pourquoi la réalité physique de mes person-
nages me préoccupe.
D’ailleurs, ne cherchez pas bien loin la clef du
morceau, j’ai essayé d’opérer sur moi-même à
mesure que j’écrivais un travail mental analogue
à celui que j’impose à mes personnages.
D’où la confusion apparente de tout le morceau.
Ou plutôt, j’ai tenté la fusion avec le mythe de
Paolo Uccello.
Je me cantonne dans le mythe.
Je suis vraiment Paul les Oiseaux.
Mon esprit ne peut plus tenter moindre écart à
droite, à gauche.
Je suis tel que je me suis vu. C’est là l’unité du
morceau. »




Antonin Artaud, Paul les Oiseaux ou La Place de l’Amour




photographies à la chambre
Élise Compte, Ana Lefaux, Angélique Farge
costume de loup fait main, 2017




« Il est Paolo Uccello, et il est son mythe,
et il se fait PAUL LES OISEAUX.
(C’est la même chose, mais ça ne fait rien. »


Antonin Artaud, Paul les Oiseaux ou La Place de l’Amour